Conférence de Jean-Pierre WENGER
25-10-2005 – Perpignan – 40 minutes
« Présentation
de François Brousse »
SOMMAIRE
1 PLAN DE LA CONFÉRENCE
2 « SILENCE »
– Poème de François Brousse
3 LES COULISSES DE
LA BIOGRAPHIE
3.2 Historique : de René Espeut à JPW
4.1 La 1ère option biographique :
CHRONOLOGIE
4.2 La 2ème option biographique :
FB, PERSONNAGE À DÉCOUVRIR
4.3 La 3ème option biographique :
COMMENTAIRES & CITATIONS
4.4 La 4ème option biographique :
CITATIONS ANACHRONIQUES
4.5 La 5ème option biographique :
CHAPITRES DÉCOUPÉS EN SOUS-TITRES
5.1 PREMIÈRE PÉRIODE – JEUNESSE STUDIEUSE :
1923 – #1936 (10-24 ans)
5.2 SECONDE PÉRIODE – 1939-1950 : NOSTRADAMUS,
CYCLES & ASTRONOMIE
5.2.1 « 1934-1990 » Étude de Nostradamus
5.3 TROISIÈME PÉRIODE – 1950-1963 : LA POÉSIE
DE LA 4D
5.3.1 L’article de Raymond Cahisa
5.3.4 Au point de vue de la poésie
5.4 QUATRIÈME PÉRIODE – 1963-1975 : DE « CELUI
QUI ATTEND » À « CELUI QUI VIENT »
5.4.1 Le rôle caché de François Brousse en mai 1968
5.5 CINQUIÈME PÉRIODE – 1975-1995 : « L’ÉCOLE
DE PERPIGNAN » & LA POÉSIE DU TRANSFINI
5.5.3 La poésie du Transfini (1989-1995)
6 « RENONCEMENT
» – Poème de François Brousse
François BROUSSE « Ivresses et Sommeils »
Imprimerie Labau – Perpignan – 1980 (page
77)
SILENCE
Autrefois, j'ai rêvé de gloire. Ce rêve au fond de ma mémoire, N'est que la ruine d'un palais... Je préfère un secret délire Qui vole plus haut que la lyre Dans les silences étoilés !
Qu'importent les mots et les
mètres Dans la cage des géomètres, Puis-je enfermer mon sylphe
d'or ? Il plane dans l'inaccessible, Dans les jardins immarcessibles, Dépassant l'aigle et le condor !
Abîme grouillant de réponses, Pour mieux t'étreindre, je
renonce Au tambour du matin vermeil Je cherche derrière la flamme, Et j'écoute l'épithalame De mon âme avec le soleil !
Mesdames, mes demoiselles,
messieurs, chers amis, selon la formule consacrée, c’est avec
un grand plaisir que je propose à votre attention, à votre lecture,
un livre biographique qui vient de sortir pourrait-on dire et
qui est intitulé François Brousse l’Enlumineur des Mondes. Ce livre manquait
dans le paysage littéraire du XXème siècle, le XXIème
siècle a comblé cette lacune.
Pour la petite histoire,
il faut savoir que c’est René Espeut qui manifesta pour la première
fois – à notre connaissance – l’idée d’une biographie de François
Brousse. En effet, alors qu’il présentait son ami le conférencier
Brousse en soirée du 08 novembre 1977 à Perpignan, il précisa
prévoir un livre avec le titre : François Brousse, qui
êtes-vous ? Le destin l’a emporté
en 1979 avant de réaliser son projet.
Cette idée a été
reprise par une personne perpignanaise proche de FB au début
des années 1980 ; ce dernier l’incitait d’ailleurs dans
ce sens : – Posez-moi des questions ! Allez-y ! Ce qui fut fait mais les temps n’étaient pas
mûrs. L’idée a resurgi
après le décès de l’intéressé, en 1996, puis en 1998, par une
amie parisienne qui envisagea une biographie. Plusieurs signes
personnels très nets m’incitèrent à lui proposer mon aide car
je pressentais intuitivement l’énormité de l’initiative, vu
l’énormité de l’œuvre de Brousse et quand des ennuis de santé
la freinèrent en 1999, j’étais prêt intellectuellement et psychologiquement
à prendre le relais.
Donc 6 années ont
été nécessaires pour aboutir ; en gros 4 années pour les
recherches et les rencontres et 2 années d’écriture.
LES ŒUVRES PUBLIÉES PAR FB Ces recherches eurent
lieu dans les bibliothèques municipales (Perpignan & Montpellier
principalement), et nationale : je mentionne ici la Bibliothèque
Nationale de France (BNF) mais je ne dois pas oublier les Archives
municipales et départementales. Il s’agissait d’abord
de retrouver les livres originaux publiés par FB et là, surprise,
2 livres n’ont pas été retrouvés, La Tour de Cristal
(1939) et Chants dans le Ciel (1940). L’œuvre de FB est
loin d’être dépourvue d’éléments biographiques, je ne citerai
que sa rencontre en 1938 à Béziers et Montpellier avec Zorah,
et aussi sa rencontre avec l’énigmatique comte de Saint-Germain
en avril 1966 à Vernet-les-Bains.
L’œuvre publiée
est déjà conséquente, mais il y a également des textes non
encore publiés – en nombre important – comme par exemple
le Bloc-Mémo, un carnet tenu par François juste avant
le baccalauréat, c’est-à-dire de 1928 à 1932. On y remarque,
entre autres, l’idéal que se doit de véhiculer tout véritable
poète et aussi sa vive admiration de Gandhi.
LES ARTICLES DE/SUR
FB Ensuite la consultation
patiente de 36 revues périodiques culturelles – à peu
près une dizaine du Roussillon et une quinzaine ailleurs – couvrant
une période de 1939 à 1995 (46 ans) a fait apparaître
328 articles concernant de près ou de loin François Brousse.
Ce fut une moisson féconde et je dois le dire, inattendue !
Enfin l’exploration
de 14 journaux – quotidiens & hebdomadaires – de
1950 à 1995, a permis la découverte de 245 articles concernant
de près ou de loin François Brousse. Signalons au passage
que 167 figurent dans L’Indépendant et 55
dans Midi Libre.
À travers ces articles
on peut apprécier la place originale, intellectuelle, artistique
et spirituelle de François Brousse – une place qu’il revendique
d’ailleurs dans ses propos et ses écrits – mais qu’il ne nous
était pas encore donné de constater avec évidence. On peut remarquer
les différents thèmes abordés de manière préférentielle au cours
de sa vie.
Il ne faut pas oublier
l’œuvre orale, c’est-à-dire les conférences – à peu près
430 ont été répertoriées –, les entretiens ici ou là,
dans les cafés, en privé, en voiture ou autre. À ce sujet, j’ai
pris l’option biographique de faire confiance aux textes des
conférences non publiées dans la mesure où ils étaient corroborés
par ailleurs ; mais chaque fois que cela a été possible,
j’ai préféré citer un texte publié, facilement accessible.
DE L’ŒUVRE ORALE
AUX SOURCES VIVANTES À côté des sources
écrites et orales de F.Brousse, il y a les sources vivantes,
c’est-à-dire les témoignages de personnes.
Par ordre chronologique,
il y a d’abord sa cousine Alice Grau-Robert décédée en 2002 ;
elle a surtout donné des souvenirs très précieux concernant
François alors qu’il avait entre 15 et 23 ans ;
Puis les circonstances
ont permis que je rencontre 2 collègues de lycée de François,
qui l’ont connu vers 1928-1932, au moment où ils passaient le
baccalauréat, à une période qui recoupe celle d’Alice Grau-Robert ;
Ensuite il y a les
amis connus au moment de la guerre (1940-1942) ;
Puis vers 1951-1952, Claude Van Dyck fait
la connaissance de Brousse ; ses souvenirs englobent plus
de 22 années, de 1952 à 1974, et de façon plus intermittente
au-delà. À ce propos j’ai
sollicité Claude pour environ 25 entretiens ; il
a été très patient… Cela m’a pris environ un mois et demi pour
intégrer et ordonner sur ordinateur toutes les informations
qu’il m’a transmises !
Je n’oublie pas
les collègues de travail de François, professeurs eux aussi :
4 ont été retrouvés ; Je n’oublie pas
non plus 8 anciens élèves de F.Brousse, des témoignages
qui vont de 1951 à 1975 ;
Enfin il y a de nombreux amis, une quarantaine.
J’ai connu dans
cette activité d’étonnants contacts d’âme à âme, avec une personne
décédée et une personne vivante.
Alors question de
vérité : est-ce que tous ces contacts étaient utiles à
une biographie ?
Je le pense au vu
des informations collectées, plusieurs d’entre elles sont inédites
(Spiritisme, date de sa mort, par exemple) et ne figurent nulle
part ailleurs. Et quand elles ne sont pas inédites, il est parfois
bienvenu d’en rappeler certaines.
Venons-en au livre
proprement dit. La première option
biographique prise pour ce livre est qu’il a été rédigé selon
un mode chronologique, car d’une manière générale, l’esprit
humain appréhende facilement l’aspect séquentiel d’une vie.
Il faut savoir aussi
que je n’ai pas voulu privilégier d’emblée François Brousse
sous un aspect particulier. Déjà la préface extraite de son
livre L’Enlumineur des Mondes – présente en début
du livre – donne la tonalité d’un être aux dimensions cosmiques.
C’est suffisant. C’est un choix délibéré,
conscient et volontaire ; donc le lecteur se fait lui-même
son jugement à l’aide, le plus souvent, d’éléments bien référencés,
qu’il peut même vérifier la plupart du temps. Une des forces,
d’ailleurs, de ce livre réside dans sa bonne tenue historique ;
une de ses faiblesses, peut-être, dans le style.
La 3ème option biographique concerne
les commentaires personnels du biographe. Ils sont peu
nombreux. On lui en a fait la remarque.
a)
Ils apparaissent notamment pour présenter de façon synthétique,
sous forme d’atmosphère générale, les œuvres de jeunesse
de François Brousse qui n’ont pas été publiées, donc pour pallier
à une carence, car il eut été dommage de ne pas connaître la
remarquable fécondité littéraire de cette époque. De même, ces
commentaires reviennent pour les œuvres de fin de vie,
période particulièrement riche d’inspiration. Pour ces dernières,
j’ai englobé plusieurs titres de livres dans l’atmosphère de
ce que j’ai appelé « LA POÉSIE DU TRANSFINI » et « LA
SOUFFRANCE DU POÈTE » en montrant la récurrence de ces deux
thèmes dans les dernières années de sa vie. C’est un choix.
J’ai aussi expliqué l’originalité du livre intitulé Le Sourire
de l’Astre.
b)
Des commentaires mettent en évidence, par delà les années, un
trait constant dans la vie de François Brousse, par exemple
sa difficulté à se faire éditer et non pas seulement imprimer,
du moins jusqu'à l’apparition de La Licorne Ailée.
c)
Trois passages plus personnels, assez courts, relatifs au biographe,
dans les années 1981, 1993 et 1995 mettent en relief les liens
assez forts, d’amitié initiatique existant entre François Brousse
et moi-même. Ils font comprendre au lecteur la raison personnelle,
profonde, motivant cette biographie
En fait, les
commentaires du biographe sont assez présents mais discrets.
Souvent, les faits
parlent d’eux-mêmes et je laisse les commentaires, soit à François
Brousse, soit à ses proches ou à ses contemporains. Conséquence :
il y a donc de nombreuses citations. Ces citations, c’est
quand même le biographe qui les a choisies et qui les a disposées
selon un canevas qui fait, à quelques moments précis de la vie
de François Brousse, des rappels à son passé ou des allusions
à son futur.
C’est une force
et une faiblesse à la fois, mais, à mon avis, ce livre ne pêche
pas par manque d’esprit synthétique parce qu’à propos de plusieurs
sujets, notamment la guerre 1939-1945, le Wesak ou bien Mai
1968, le lecteur entre dans l’intimité de ces événements, et
cela d’une manière originale, je pourrais même dire, unique
au monde.
Cependant, les citations
débouchent sur un gros problème : L’ANACHRONISME. Prenons un exemple ;
en 1927, à l’âge de 14 ans, François Brousse rencontre Apollonius
de Tyane. Ce n’est que bien
plus tard que François en a parlé à ses amis. Quant aux écrits,
les premières traces d’Apollonius dans l’œuvre de François Brousse
apparaissent en 1956 dans la revue Agni et encore, il
n’y mentionne pas sa rencontre.
q
En 1982 il ÉCRIT – mais brièvement – qu’il a été initié par
Apollonius, ;
q
en 1983, la revue Dialogues la précise un peu plus ;
q
mais ce n’est qu’en mars 1990 que le récit
[1]
de cette rencontre est publié dans un B.M.P.
Les circonstances avaient attendu qu’un retranscripteur
transmette le texte à la Licorne Ailée.
Alors voici la question
du biographe : à quel moment, dans le livre, faut-il mentionner
et développer cette rencontre ? Est-ce en 1927 ? En
1956 ? En 1982 ? En 1983 ? ou en 1990 ?
J’ai choisi 1927.
Si tel n’avait pas été le cas, la biographie de François Brousse
se résumait à un condensé couvrant ses 20 dernières années et
on perdait le fil d’une vie.
LES CHAPITRES Ce livre comporte
43 chapitres.
Un chapitre peut traiter soit trois années,
soit deux années, soit une année de la vie de François Brousse,
soit même un seul événement ; ce sont les chapitres-clés :
q
La rencontre avec Zorah (1938) occupe un chapitre entier ;
q
La Poésie de la Quatrième Dimension également, pour 1952 ;
q
comme d’ailleurs la rencontre avec le comte de Saint-Germain ;
q
Le Wesak prend tout un chapitre, en 1980.
Une originalité
consiste dans le fait que chaque chapitre est découpé en paragraphes
dont les titres sont écrits en majuscules et apparaissent dans
le sommaire :
ð
Cela permet une respiration dans une lecture dense, il faut
le dire ;
ð
Cela permet au lecteur de sauter un paragraphe ;
ð
Cela permet un repérage facile ;
ð
Cela permet de passer aisément d’un paragraphe à l’autre.
Dans un premier
essai, j’ai essayé d’enchaîner des événements consécutifs qui
n’ont quasiment pas de lien direct entre eux. Le résultat ne
fut pas probant et la découpe en paragraphes, a été généralisée.
Les longueurs de ces paragraphes, varient d’une demi-page à
2 pages.
Voici un bilan,
une comparaison rapide avec deux autres biographies.
§
Le Tome-1 de la biographie de Victor Hugo par Jean-Marc Hovasse,
qui a paru en 2002, fait 1366 pages pour les 50
premières années de la vie de V.H et on attend le Tome-2.
§
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